| Type de voie historique : | Juché sur les hauteurs de la ville, le château de Castries est une merveille d'architecture. Construit au XVIIe siècle, il s'inscrit dans la lignée de différents édifices. Au Ier siècle de notre ère, un poste de garde romain est établi au sommet de la colline, afin de surveiller la Via Domitia. Au XIe siècle, il est fait mention d'un premier donjon. Un château est ensuite construit au Moyen Âge. En 1495, la seigneurie et le château deviennent la propriété de Guillaume Lacroix, négociant et changeur de Montpellier, qui devient gouverneur de celle-ci. Au XVIe siècle, un château Renaissance est bâti par le baron du Languedoc Jacques de Lacroix. Mais, en 1622, lors des troubles causés par les guerres de religion sur les ordres du duc de Rohan, l'édifice est rasé. Il ne reste quasiment rien du château médiéval, excepté les voûtes d'ogives de deux pièces au rez-de-chaussée de l'aile nord. Le château actuel est l'oeuvre de René Gaspard de Lacroix, baron fait marquis de Castries par Louis XIV, gouverneur de Montpellier et promu lieutenant général du roi en Languedoc en 1668. L'architecte montpelliérain Jacques Bonnassier est le principal maître d'oeuvre du chantier. A la fin du XVIIIe siècle, les marquis de Castries reçoivent le titre de ducs. Pillé à la Révolution française, le château est vendu aux enchères et divisé en 144 lots. Au début du XIXe siècle, le général Edmond-Eugène Hercule, duc de Castries, rachète le monument et commence une première restauration. Le château est restauré dans les années 1930 et entièrement remeublé. Resté inachevé, le château de Castries aurait dû suivre un plan en U, trois corps de bâtiments sur cour. Mais seuls deux corps sont construits. De l'aile est, on ne voit que les remblais de soutènement qui forment aujourd'hui la terrasse supérieure du jardin et l'amorce de la façade sur cour. A l'époque moderne, on entre dans l'enceinte du château par le sud, en franchissant un portail ouvert dans l'axe de la cour. Les façades s'ordonnent selon un modèle courant à Montpellier : alignement mécanique des percements, sans recherche d'effet de variation ou d'alternance rythmique. Aux angles se trouvent de grands pavillons carrés dont deux sont surmontés de toits « à la mansarde », à brisis et terrasson (1). A la fin du XVIIe siècle, le Midi tente d'adopter cette toiture emblématique du nord de la France, à tort, dans la mesure où ce type de couverture ne résiste pas au vent du nord. Dès le début du siècle suivant, ces toits sont presque tous détruits. Castries est donc l'un des rares témoins de cette maladroite tentative, ses toits ayant été refaits conformément au modèle d'origine. En 1670, pour irriguer le jardin, on confie à Antoine et Jean Arman la construction d'un aqueduc. L'ouvrage d'art capte les eaux de la source de Fontgrand, à 7 km du château. En 1985, le château et son mobilier sont donnés à l'Académie française par le duc et la duchesse de Castries. Une restauration des façades, des baies et des meubles, rongés par des insectes xylophages, est entreprise en 2008 avec le concours de la Région, responsable de la quasi-totalité du château. (1) Une toiture est dite mansardée lorsqu elle présente deux pentes différentes sur le même versant. Le brisis est le pan inférieur de la toiture mansardée. Le terrasson est le pan supérieur. |