| Type de voie historique : | Ravissant village médiéval, Saint-Guilhem-le-Désert se blottit au fond d'une vallée, le long du Verdus. Le paysage alentour est splendide, avec ses hautes falaises et ses forêts de pins. Trésor caché là depuis plus de mille ans, l'abbaye de Gellone est un modèle d'architecture romane. A l'origine, petite dépendance de l'abbaye d'Aniane, elle accueille en 806 Guillaume d'Orange, comte de Toulouse et cousin de Charlemagne. Guillaume/Guilhem instaure à Gellone le culte de la Vraie Croix, donnée par son illustre cousin. A sa mort, il fait lui aussi l'objet d'un culte, point de départ d'un pèlerinage. Guilhem incarne alors la figure de la défense de la chrétienté. Au Xe siècle, Gellone devient une étape essentielle du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, par l'importance de ses reliques. Au XIe siècle, l'abbaye est reconstruite et ses activités économiques se développent. En 1090, Gellone est officiellement reconnue indépendante par le pape Urbain II. Au XIIe siècle, elle prend le nom de Saint-Guilhem. Un nouveau cloître est bâti. Cependant, l'abbaye est saccagée par les protestants en 1569. Sauvée par la congrégation de Saint-Maur au XVIIe siècle, elle est supprimée par l'évêque de Lodève en 1783 et vendue sous la Révolution. On entre dans l'église par la place du village et la façade ouest, à l'allure fortifiée. Le porche du XIIe siècle est typique du premier art roman. On peut voir un bas-relief roman du XIIe siècle représentant le Christ, criblé de balles des protestants. La tour défensive date du XVe siècle. A l'intérieur, le narthex, carré et voûté d'ogives, accueillait les pèlerins qui se reposaient sur les bancs de pierre. La nef du IXe siècle, voûtée en berceau, frappe par sa hauteur, de 18 m, accentuée par son étroitesse. Les bas-côtés s'ouvrent par des arcades sobres. La partie la plus belle est l'abside et sa grande voûte en cul-de-four de 12 m de diamètre. Elle est délimitée par un hémicycle de sept arcades en plein cintre de style lombard. Dans la chapelle à droite du choeur se trouve l'autel en marbre blanc de saint Guilhem, de la fin du XIIe siècle. De part et d'autre du choeur, les piliers comportent des cavités abritant les reliques de saint Guilhem et de la Vraie Croix. Sous le choeur, la crypte, vestige de la première église abritait le tombeau de saint Guilhem. Au-dessus des premières travées de la nef, s'élève la tribune où prenait place le choeur des moines. Chef-d'oeuvre de l'art roman languedocien, le chevet de l'église montre une élégante succession d'arcades et de fenêtres. Le cloître roman comprenait à l'origine deux étages de galeries. Celles du nord et de l'ouest ont été restaurées. Des arcades géminées ont été reconstituées. On voit encore des traces de peintures murales du XIIe siècle côté ouest. Démantelé et vendu, il est aujourd'hui dispersé entre des collections privées, le Cloisters Museum de New York, le Musée languedocien de Montpellier et le musée lapidaire de Saint-Guilhem. Le musée lapidaire Installé dans l'ancien réfectoire des moines, le musée conserve des éléments de sculpture de l'abbaye, colonnes, chapiteaux, piliers à personnages... A voir, le sarcophage en marbre blanc de saint Guilhem : daté du IVe siècle - sauf la quatrième face, romane - il représente des scènes bibliques. A l'origine, il était posé en hauteur et les pèlerins passaient dessous. Le sarcophage d'Albane et Bertrane, les soeurs de Guilhem, est en marbre gris, du VIIe siècle. Il est décoré de scènes figurant le Christ et les apôtres, Adam et Eve, Daniel dans la fosse aux lions et les trois Hébreux dans la fournaise. |